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Publié par CEC

Epinal sous le coup d’une fièvre jauneEpinal sous le coup d’une fièvre jaune

Au plus fort de la manifestation, ils étaient plus de 2 500 gilets jaunes à manifester dans la cité spinalienne. Une manifestation au départ pacifique qui a connu au fil des heures de nombreux affrontements entre forces de l'ordre et une minorité de casseurs. A la différence du 5 janvier, les boutiques du centre-ville, pratiquement toutes fermées pour l’après-midi, n’ont pas subi de dégâts. Ce qui n'a pas été le cas de la porte d’entrée de la préfecture qui a subi des jets de pierre et dont la grille a été dégradée, ni de la chaussée de la rue Gambetta qui a vu une barricade érigée avec du matériel de chantier embrasée vers 17 h 30.

 

Les gilets jaunes, venus de toute la Lorraine, se sont retrouvés sur le parking du Champs de Mars dès 13 heures. C’est la présence à proximité d’une patrouille de police qui a échauffé les manifestants qui les ont suivis en direction du pont Patch. Le cortège était lancé. Tout d’abord, rue d’Alsace puis vers la gare avec un petit détour par le souterrain. C’est sur le parvis de la gare que la première vraie rencontre avec les forces de l’ordre a eu lieu, sans débordements ni contact. La pression s’est accentuée lorsque les gilets jaunes ont rejoint le centre-ville, malgré le service d’ordre des manifestants qui a régulièrement essayé de contenir les plus vindicatifs, quelques peu provocateurs devant les compagnies de CRS.
Tout comme les Street médics qui ont régulièrement essayé de réfreiner et calmer quelques jeunes venus cagoulés et déterminés à en découdre avec les CRS. Dans le cortège, de nombreux gilets jaunes venus pacifiquement pressentaient la venue rapide des affrontements qui ont débuté rue Léopold Bourg vers 15H30 avec des lancements de grenades lacrymogènes à main.

Epinal sous le coup d’une fièvre jaune

Le mobilier urbain et la préfecture dégradés


Les forces de police ont visiblement changé de tactique depuis les heurts du 5 janvier
dernier. Elles se sont positionnées de manière à diriger les manifestants vers des rues
qu’elles maitrisaient, bloquant des nombreux accès et ripostant « préventivement » rapidement.
Rassemblés devant le musée départemental, plusieurs manifestants ont décollé des pavés
qu’ils ont jetés sur les forces de l’ordre, pendant qu’un petit groupe essayait de faire plier un
réverbère. Des gaz lacrymogènes, des grenades de désencerclement et des tirs de balles de
défenses ont fait reculer un temps les manifestants. Plusieurs personnes ont été blessées,
ainsi qu’un policier.
Le cortège fragmenté n’a pas eu d’autre choix que de reculer vers le Champs de Mars, en groupes
dispersés. C’est lors de ce repli que des jeunes encagoulés ont lancé des pavés contre la
façade de la préfecture avant d’arracher les grilles. Arrivés près d’un chantier au milieu de la
rue Gambetta,  ils ont entrepris de mettre le feu à une barricade érigée avec le matériel trouvé sur place. L’arrivée des forces de l’ordre les a repoussés vers la rue d’Alsace Lorraine où un dernier feu de poubelle a été allumé.
Le bilan de cet affrontement est surtout matériel, l'essentiel des dégradations portant sur du mobilier urbain. A l’issue de la manifestation, sept personnes ont été interpellées, dont deux ont été relâchées lundi matin.

 

Epinal sous le coup d’une fièvre jaune

Des réactions
 

Si les langues se délient durant les sept heures que la manifestation a duré, peu de
protagonistes acceptent de témoigner à visage découvert. A chacun son point de vue.

 

 Lydia, 38 ans, est une maman solo qui a du mal à joindre les deux bouts : « Je gagne
1 500€ brut par mois. Une fois que j’ai payé la nounou 300 euros, c’est difficile de finir le
mois. Les casseurs décrédibilisent nos revendications. On les a signalés à la police mais ils
n’ont rien fait. Le droit de manifester n’est pas le droit de casser. La violence, elle est des
deux côtés. Contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire, le mouvement se
renforce. On nous enfume doucement mais surement. Nous sommes là pour manifester
notre colère, mais pacifiquement. Les petits commerces qui se plaignent, ce n’est pas de
notre faute. Ca fait des années que ça dure.
».

 

Epinal sous le coup d’une fièvre jaune

Alain et Florence sont venus exprimer leur mécontentement. « Nous sommes des citoyens
qui ne cautionnent pas la politique actuelle. Comment accepter qu’après toute une vie de
travail, on ne touche que 1 000 euros de retraite quand un député touche pour la sienne en moyenne 2 500 euros même s’il a effectué un unique mandat de cinq ans. Je ne suis pas là pour moi mais pour mes
enfants. Il faut partager le gâteau avec  tout le monde
».

 

 

Epinal sous le coup d’une fièvre jaune

Fabrice est originaire de Metz. Depuis le début du mouvement Le 17 novembre dernier, il a
participé à tous les rassemblements. « Ici, ce sont les CRS qui provoquent. Ils ont gazé en
premier alors qu’on était pacifique. Nous les commerçants spinaliens, on les a fait vivre. On a
mangé ici à midi
».

 

 

Epinal sous le coup d’une fièvre jauneEpinal sous le coup d’une fièvre jaune

 Claire et Sébastien ont fait le déplacement depuis Nancy. « Qu’est-ce qui nous mobilise ?

 

le pouvoir d’achat. La situation générale est grave, pas seulement pour nous. Nous avons
trois enfants et nous sommes inquiets pour leur avenir. Nous sommes des enfants
d’artisans, la classe moyenne, donc pas habitués à demander des aides. Mais nous sommes
choqués devant le nombre de personnes âgées qui manifestent leur désarroi et leur colère
».

Epinal sous le coup d’une fièvre jaune
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