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Publié par Rédaction

Gilles & Jeanne, la rubrique

L'article 35 de la déclaration des droits de l'Homme de 1793 fait du droit à l'insurrection un devoir: « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Parce que cet article est tombé aux oubliettes de la mémoire sous prétexte de l'existence d'une paix sociale achetée par l'état providence et technocratique, le gouvernement a découvert que ses «  gaulois réfractaires  »  pouvaient se mobiliser, l'obligeant à changer de stratégie, lui faisant perdre par la même occasion toute crédibilité politique, le temps de se faire oublier.

Décrit comme protéiforme par confort d'analyse, le mouvement des Gilets Jaunes est venu déconstruire les stéréotypes sur les populations rurales et périurbaines, souvent considérées comme réactionnaires. Il remet en cause les fondamentaux grégaires et pacifiques qui justifiaient l'existence des corps intermédiaires et corporatistes ( parlementaires et syndicats ) par un usage transparti et contemporain des réseaux sociaux. Un nouveau modèle de société se met en place progressivement.

Gilles & Jeanne, la rubrique

Témoignages et prise de recul

Gilles, un quinqua qui se déclare sympathisant non actif des Gilets Jaunes, analyse avec recul les deux mois écoulés. « Par une surfiscalisation générale mais surtout par l'augmentation des prélèvements obligatoires sur le carburant ou les retraites, le gouvernement  a une fois de plus limité la liberté de mouvement des français et contraint leurs arbitrages économiques. Son absence de compréhension de la situation pendant plusieurs semaines est une véritable faute qui a provoqué une radicalisation couteuse. Ce sera difficile à contrôler par la raison à l'avenir. La classe moyenne est en voie de déclassement à force d'être taxée. Elle a manifesté une colère légitime et frondeuse qui n'a pas encore atteint son apogée. Les dernières mesures annoncées par le gouvernement sont positives pour le pouvoir d'achat mais incohérentes dans ses développements et dans la durée. On a droit à des effets d'annonce époustouflants. La SNCF avec ses 35 milliards de déficit et ses pertes continuelles donne même des primes à ses employés! C'est scandaleux! Je travaille dans une entreprise qui a du mal à ne pas sortir en négatif et tout le monde comprend qu'il n'y a pas de prime à distribuer quand le chiffre n'est pas là ! »  .

Hypocrisie et incompétence: les manœuvres de l'exécutif sont scandaleuses

Pour Jeanne qui est retraitée et se qualifie de frugaliste par nécessité budgétaire, la situation actuelle est totalement irréelle. « En utilisant la transition énergétique comme seul argument pour justifier ses nouveaux prélèvements sur le carburant, en méprisant puis en ignorant et enfin en tentant de discréditer le mouvement des Gilets Jaunes, n'y voyant qu'un regroupement d'extrémistes et de radicaux, la mauvaise foi et l'incompétence de l'exécutif n'est plus à prouver. Mais ils sont encore là !  » . «  Le summum de l'hypocrisie a été atteint le 1er décembre. Les forces de police ont été politiquement mal réparties pour laisser libre cours aux éléments incontrôlés dans les rues adjacentes à la place de l'Etoile et choquer l'opinion » . «  Et depuis ils nous bassinent avec la décroissance des blocages. J'ai donné beaucoup de mon temps sur Golbey, A discuter et faire le pieds de grue. Mais il faut quand même respirer et laisser respirer les commerçants. Je reviendrai aux beaux jours, j'ai des examens de santé à faire ».  Pour Sylvaine qui travaille occasionnellement comme aide ménagère alors qu'elle a une licence en sociologie, la décroissance et la précarité sont une réalité. «  Les fondamentaux n'ont pas changé depuis des siècles, on est gouvernés contre nos intérêts. La démocratie directe doit émerger, c'est la seule solution. Mais je crains qu'on ne se tape une discute qu'en alibi, pour diviser. C'est pour ça qu'on reste mobilisés autour du brasero. On sort enfin de l'apolitisme Bisounours pour entrer dans du dur. Un concret qu'avec les Nuits debout, on n'a pu mener à terme. Il faut parler argent avec des gens qui ne comprennent que ça, pour que ce monde mal fichu évolue » . Pour Gaspard, chômeur longue durée  qui se dit vaguement libertaire, les freins au travail ce sont les prélèvements obligatoires et l'irresponsabilité de fait des élus. « Les élites et gouvernants doivent pouvoir être révoqués par le peuple, et leurs électeurs. Cela fait des années que je milite pour une véritable démocratie directe. Comme ils sont comptables des deniers publics, toutes les taxes et impôts doivent être votés par l'Assemblée chaque année et précisément. Un contrôle continu et transparent par la Cour de Comptes doit être effectué et les écarts êtres sanctionnés. On nous mène en bateau depuis trop longtemps. Aucun gouvernement, administration ou établissement para-public ne doit pouvoir décider de son taux de prélèvement en autonomie, sans contrôle direct des citoyens. C'est l'article 20 de la Déclaration des Droits de l'Homme je crois » .  

 

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