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Publié par O.P.

Christophe Petit , candidat hors système ?

Centriste, ancien de l'UDI et de la majorité municipale, Christophe Petit s'est déclaré candidat récemment. En exclusivité pour l’Écho des Vosges l'ancien adjoint en charge de la culture évoque avec décontraction les raisons de son engagement pour les municipales du printemps 2020 et sa création d'une liste centriste et d'ouverture, issue de la société civile. Première partie de l'entretien que vous trouverez dans l'édition d'Epinal du 4 avril 2019.

« J'ai été interloqué  en octobre à l'annonce que nous a faite Michel Heinrich de son choix d'un successeur. Cela a été ressenti par de nombreux conseillers municipaux comme une imposition, un adoubement sans débat sous un prétexte de légitimité. La dernière année du mandat municipal devenait manifestement une année de campagne pour son premier adjoint alors que je pensais que nous allions rester mobilisés jusqu'au bout  au service des spinaliens sur la base du programme convenu. Cela a été comme un électrochoc, l'annonce d'un retour des querelles familiales ou politiciennes, des alliances automatiques. De nombreux spinaliens ont pensé que j'allais suivre logiquement le premier adjoint. Très impliqué dans mon mandat et les responsabilités municipales et culturelles que j'ai assumé depuis 2004, je ne me suis pas retrouvé dans cette idée. Je reste persuadé qu'un maire indépendant, qui apporte sa vision de sa ville, au sein d'une équipe plurielle qui a pour ambition d'inventer, d'améliorer et d'optimiser, et non de rester aux ordres du Président de la Communauté d'Agglomération, c'est la meilleure chose à faire, en toute logique. Ma candidature n'est pas la conséquence d'une ambition démesurée, ce n'est pas une manœuvre politique. Je suis convaincu que c'est une opportunité pour tous, une respiration pour la ville qui s'impose. Une démarche qui doit être assise sur une approche ouverte et pragmatique, à l'image de la liste des candidats et du programme qui est en cours de création, quoique déjà bien avancé ».

Qu'est-ce que peut apporter un chef d'entreprise dans la vie municipale spinalienne?

 

«  Les électeurs ont clairement fait entendre leur volonté lors des élections nationales de 2017. Ils veulent de nouvelles pratiques et un renouvellement des dirigeants. Sortir du jeu des divisions et des alliances d'opportunité, avoir du sens et de l'authenticité. Le paysage socio-politique a changé profondément. Se fédérer autour d'un état d'esprit d'ouverture, allier les énergies et les savoirs, échanger objectivement et obtenir l'adhésion du plus grand nombre sans imposer son point de vue d'entrée de jeux, c'est le travail au quotidien d'un chef d'entreprise, mais aussi d'un père de famille ou d'un élu. Les collaborateurs ou les citoyens ont besoin de confiance, d'être rassurés pour pouvoir s'engager pleinement. Ils sont près à s'impliquer sur la base de valeurs claires et authentiques. Que ce soit des chefs d'entreprise, d'associations ou des citoyens, les spinaliens ne souhaitent pas être instrumentalisés, déçus par un usage autocentré des pouvoirs municipaux. C'est pourquoi un système de consultation permanente, inclusif et d'information, sur la base d'outils ou de structures transparente s'impose. Cela existe déjà et se pratique dans plusieurs villes. Aux divisions du passé, sans les nier, nous pouvons apporter des solutions simples, humaines, compréhensibles. C'est un programme fondateur sur lequel tout le monde peut apporter sa pierre. Alors que le pouvoir isole, fait perdre tout recul, fait tomber dans le tout-contrôle, le clientélisme ou l'entre-soi et la personnification du pouvoir, l'écoute et la bienveillance sont des valeurs premières et indispensables. Au même niveau que l'engagement et la cohérence. La remise en cause est permanente dans l'entreprise, l'agilité indispensable. Les élus doivent faire de même. Constituer une liste municipale de 39 membres sur la base d'un programme à un instant T, cela ne veut pas dire que le programme ne sera pas évolutif et que l'on n'impliquera pas les citoyens et les bonnes volontés tout le long du mandat. Les élus doivent s'obliger à donner des moyens de comprendre et de participer à leurs électeurs. Il faut arrêter ce fonctionnement en sens unique du haut vers le bas sous prétention d'une efficacité et d'une rapidité d'action indispensable. L'échange est indispensable, c'est ce que j'ai constaté lors de mes dix années d'animation du club de réflexion Cogitus, dans mon entreprise, dans ma famille ou lors de mon mandat d'adjoint à la culture ».

Des idées fortes ?

 

Nous sommes encore dans le temps politique, de la discussion, des choix à faire. Prendre le poul d'un patient ou l'avis de sa famille, c'est un préalable à un diagnostic juste, à une organisation à trouver. Les spinaliens se manifestent spontanément, viennent vers moi pour me faire part de leurs souhaits, de leurs attentes de changement, de leurs espoirs de sobriété heureuse ou d'harmonie. Je n'ai pas d'investiture d'un parti ou de contrainte nationale à assumer. Tout comme David Valence ou Jean Hingray l'ont fait, je  propose à nos concitoyens une politique non politicienne. Sortir d'un schéma de centralisation du pouvoir en donnant par exemple des moyens de contrôle innovants à un comité éthique de citoyens tirés au sort, serait un acte fort auquel je tiens. Qu'un comité citoyen intervienne sur les questions de rémunérations des élus ou les marchés publics, en complément du travail des élus locaux c'est légitime. Ils doivent apporter leurs idées, leur caution. Sur la sécurité et la vidéo surveillance il y a des choses à faire. Je suis un partisan convaincu d'un outil moderne, soumis au contrôle citoyen en plus de celui de la Commission Nationale Informatique et liberté. Le Comité éthique pouvant être saisi par tout habitant pour s'assurer que la confidentialité et les procédures sont respectées par la municipalité. Ce n'est pas être réactionnaire que d'en installer quand on sait ce que la vidéo protection a apporté dans des enquêtes criminelles comme à Lunéville ou Nice ».

 

Suite de l'interview dans le prochain numéro de l'Echo des Vosges

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