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Publié par Rédaction

Soeur Anne, ne vois tu rien venir?Soeur Anne, ne vois tu rien venir?

Soeur Anne, ne vois tu rien venir?

Déçus de ne pas pouvoir défiler dans des zones non interdites par la préfecture de la rive droite de la Moselle, le millier de manifestants et Gilets Jaunes réunis samedi 30 Mars sur le parking du Champ de Mars ont joué au chat et à la souris tout l'après-midi avec les forces de l'ordre encourant des poursuites administratives et des amendes pour participation à une manifestation interdite ( 135 euros d'amende). 13 interpellations ont été effectuées par les policiers en centre ville mais aucun blessé n'a été à déplorer de la journée, ce qui est une véritable réussite.

 

Les chats et les souris jaunes à Epinal

Qui bloque qui?

Bloqués rive droite dès 13 heures, les manifestants se sont d'abord positionné rue Thiers ( rue non interdite ) en direction du centre ville, à une centaine de mètres d'un barrage de gendarmerie mis en place à hauteur de la rue Lefebvre. Contenus par un impressionnant dispositif policier, survolés par un drone caméra de la gendarmerie, et un peu plus tard par leur hélicoptère, la situation semblait figée quand, la chaleur et l'énervement aidant, des containers de 300 litres de l'ancienne clinique Saint Jean ont été sortis pour être renversés sur le milieu de la chaussée puis des poubelles de l'immeuble du 36 de la rue Thiers. Ces obstacles d'occasion ont été incendiés par des excités en mal d'exceptionnel. Un acte de vandalisme mineur qui a toutefois provoqué le retrait de nombreux manifestants, se désolidarisant du cortège, restant à hauteur du pont Patch et des Templiers, prenant d'assaut pacifiquement le bar du même nom et la boulangerie toute proche pour se désaltérer. A la vue de la fumée dégagée par les deux incendies, certains spinaliens ont pensé avec ironie que c'était la maison du Président du Sicovad qui était en feu... Après un tir de lacrymogènes, les gendarmes mobiles  positionnés en barrage se sont avancées dans la rue Thiers afin de permettre aux pompiers d'intervenir .

Le macadam de la rue Thiers a souffert.
Le macadam de la rue Thiers a souffert.

Le macadam de la rue Thiers a souffert.

Des souris jaunes dans la ville

Bloqués par les policiers sur le pont Patch, les Gilets Jaunes les plus motivés ont commencé l'ascension vers la rue des soupirs par la rue Abel Ferry pour contourner par l'Est le dispositif policier positionné avec force autour des bâtiments officiels.  Manœuvre tactique provoquée ou subie, qui s'est effectuée dans un beau désordre, permettant à pratiquement 700 GJ de déboucher dans la zone interdite de la place des Vosges et sur les quais  de la Moselle. Un déboulé confus et pacifique de petits groupes de Gilets Jaunes avec une forte proportion de street médics. N'hésitant pas à aller au contact, à les narguer ou à refuser d'obéir aux ordres des policiers, plusieurs personnes isolées  ont été interpellées pour insultes et outrages aux forces de l'ordre par des équipes légères de policiers. Ces mêmes équipes ont du s'y reprendre à plusieurs fois et à coup de grenades lacrymogènes à main ( bien que sans violence disproportionnée, aucun tir de LBD n'ayant été entendu ) pour repousser les manifestants, les faire partir de la rue des Minimes, Léopold Bourg et les faire redescendre vers le sud de la ville par la rue Victor Hugo ( avec une nouvelle incendie de poubelles à déplorer ), le quai des Bons enfants et la rue d'Alsace. Appelant à la solidarité, à la désobéissance civile, à l'interdiction des LBD , incitant les forces de l'ordre à exercer leur droit de retrait face à des mesures d'interdiction anti-constitutionnelles ou encore portant des banderoles de remerciement aux street-médics, les Gilets Jaunes sont progressivement revenus place du Champ de Mars vers 17 heures pour une dissolution quasi complète de la manifestation avant 18 heures.

Les chats et les souris jaunes à EpinalLes chats et les souris jaunes à Epinal

Une stratégie du chaos qui profite à qui?

« Il n'y a pas de revendication audible »  témoignait Christophe Petit, ancien adjoint au maire et présent avenue des Templiers en marge de la manifestation.  « Les attentes sont trop nombreuses et ces regroupements sont parasités par des casseurs. Je  ne comprend pas que des citoyens empêchent d'autres citoyens de travailler ». Dominique un sexagénaire qui vient d'Alsace avec son épouse essaye d'expliquer: « Qu'il y ait des débordements c'est déplorable, on n'a rien à y voir. Mais ce n'est pas normal de nous interdire de circuler comme cela, c'est de la mauvaise foi et ça énerve. On est dans la rue car aucun parti  ne peut nous représenter tous et le pouvoir est sourd. Pour éviter ce chaos qui ne profite à personne et surtout pas aux manifestants, la solution la plus rapide pour satisfaire le plus grand nombre c'est de mettre en place sans délai le Référendum d'Initiative Citoyenne et recréer l'Impot sur la Fortune. Peut être que comme cela on pourra rester chez nous les samedis, faire travailler les commerçants de proximité et les ploutocrates iront faire fortune ailleurs qu'en France et sur notre dos de consommateurs lambda. Le 20 avril à Paris on y sera aussi malgré la distance, ce sera un instant de vérité ».

Les jeunes aussi manifestent

Camille un trentenaire qui se dit auto-entrepreneur et GJ depuis le début, entouré de deux de ses amis de Strasbourg a une vision du mouvement GJ plus politique . « On a été arrêtés à Remiremont ce matin, les gendarmes étaient sympa mais on s'est fait confisquer nos masques et lunettes. Il faudra repasser à la gendarmerie avant de repartir pour les récupérer. Pourtant on est légalistes, il n'est pas question de ne pas respecter la loi ou les arrêtés préfectoraux. Mais on est là pour le Frexit. J'aime pas Asselineau de l'UPR mais ce qu'il dit en ligne c'est très compréhensible. Nos élites politiques, intoxiqués par les lobby ont vendu la France aux financiers européens et aux grandes entreprises transnationales. Airbus, par exemple n'a plus rien d'européen. Il y aura bientôt plus de composants américains et chinois que des pays d'Europe. Il faut faire comme les anglais, il ne faut pas tenter de réformer ce concept qui a fait son temps, une expérience dont on est arrivé à bout.  Il faut retrouver notre latitude monétaire et économique. Ne plus se prêter au jeu des optimisations fiscales qui se jouent entre pays européens: entre l'Irlande, la Hollande ou le Luxembourg, c'est un manque à gagner. L'Europe est une duperie. Les polonais, les tchèques, les bulgares et les roumains récupèrent nos usines et nos emplois quand ce n'est pas les chinois. Il faut boycotter les Smarts, Daimler Benz va quitter Hambach et les faire construire en Chine. Ces délocalisations, ce ne serait pas possible si de véritables barrières douanières existaient, avec des normes nationales techniques ou environnementales respectées. Sous prétexte de réciprocité l'Europe est une véritable passoire et les fraudeurs ce sont les grandes entreprises internationales et les intermédiaires, pas les TPE-PME qui en bavent et qui sont les poumons de la France. Et je ne développe pas sur les citoyens qui se font plumer fiscalement ». Des argumentaires de combat, une lutte jonquille et printanière qui va se poursuivre sur un plan bien plus politique dans les semaines à venir.

 

Interpellation place Edmond Henry

Interpellation place Edmond Henry

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