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Publié par A.V.P.

Linky au pilori

Le compteur vert Linky, capable de suivre très précisément la consommation d'électricité de chaque foyer, fait l'objet de polémiques récurrentes, notamment sur le fait que mal monté il peut favoriser un incendie ou faciliter une intrusion dans la vie privée par l'étendue des informations auxquelles il donne accès. Accusé d'avoir des répercussions sur la santé des consommateurs ( et tout particulièrement des enfants et des personnes électrosensibles qui ne pourront plus disposer de zones blanches  ), d'altérer le fonctionnement de certains appareils domestiques ou médicaux ( voir ci joint le communiqué de Stop Linky), de disjoncter ou prendre feu, l'appareil - sensé servir à un intérêt collectif de transition énergétique- est imposé aux consommateurs sans leur consentement et leurs intérêts, puisque les éventuelles économies d'énergie ne sont pas acquises.

Des accusations réfutées par l'entreprise Enedis qui exclue toute remise en cause de son projet industriel  et donc toute alternative à son modèle de développement économique .  Le bon déroulement national de son déploiement  ( passablement lucratif, comme l'a souligné la Cour des Comptes) se faisant au rythme de 30 000 compteurs posés par jour. La mobilisation de moyens de communication important, du puissant soutien direct et indirect d'EDF et de ses filiales et des syndicats départementaux, des distributeurs d'électricité privés ainsi que des administrations et établissements publics afin d'acheter le consentement du grand public et marginaliser les opposants, crée une « situation totalement scandaleuse de connivence industrielle et politique. Sous des prétextes fallacieux, on porte atteinte aux libertés publiques et à la liberté de contracter » atteste le porte parole de Stop Linky 88.

Plusieurs incendies suspectes d'après installation

Après la vague de vidéos en ligne et de témoignage de personnes suspectant leur compteur communiquant d'être à l'origine d'incendies, Enedis ne se défausse plus en argumentant sur la responsabilité des sous-traitants employés pour une pose massive. L'entreprise privée qui gère la mission de service publique, propriété d' EDF, se retranche sur des expertises en cours et joue la montre, la priorité étant d'éteindre la polémique. Suite à l'installation de compteurs Linky dans sa commune et après plusieurs incendies suspectes en octobre et novembre, Franck Demaumont, maire de Châlette-sur-Loing, a exigé l'arrêt du déploiement des compteurs Linky dans sa ville. Selon l'un des propriétaires dont la résidence a été brulée, le compteur Linky « a explosé et pris feu ». « D’après Enedis, c’est le coupe-circuit qui est mis en cause et non le compteur», rapportait Franck Demaumont suite à un entretien avec le prestataire. « Dans l’attente des résultats d’enquêtes et d’expertises,  garant de la sécurité des Châlettois, j’ai exigé que des mesures soient immédiatement prises: l’arrêt du déploiement de l’installation des compteurs dans la ville et la vérification des installations déjà effectuées sur la commune  ». En attendant le résultat des expertises l’élu invitait également ses administrés à refuser toute installation d’un nouveau compteur.

Les communes se rebellent

Quand elles ne sentent pas bâillonnées par le coût probable d'un procès administratif, certaines communes font de la résistance. Maire de Bovel, petite commune d’Ille-et-Vilaine, José Mercier,  a pris un arrêté municipal en 2018 « qui demande juste à ce qu’Enedis respecte le règlement sanitaire départemental lorsqu’il change un compteur », précise l'élu. Il cite notamment l’article 51 du texte qui stipule « que le remplacement ou le renforcement des circuits d’alimentation électrique doivent être conformes à la norme NFC 14-100 ». Cette norme impose à Enedis de remplacer les supports bois par des boîtiers ininflammables en cas de pose de compteurs Linky. « Mais Enedis ne le fait pas pour des raisons financières et multiplie les infractions. C’est un vrai scandale et les préfectures et syndicats départementaux d’énergie ferment les yeux », dénonce José Mercier. La municipalité de Senoy dans le Loiret  a pris un arrêté qui demandait à Enedis  « de respecter le choix des consommateurs, de demander aux sous-traitants d’avoir un comportement respectueux vis-à-vis des consommateurs et de se conformer aux recommandations de la CNIL concernant la protection des données personnelles ». Un acte aussitôt attaqué en justice par Enedis mais le tribunal administratif a refusé d’annuler cette délibération, estimant que l'arrêté «  ne constitue pas un acte susceptible de faire l’objet d’un recours ».

Le bras de fer se joue au tribunal

De nombreux procès sont en cours, dans les Vosges  au pénal avec « Action Linky »  de Me Catherine Faivre et Julien Fouray ( http://www.echo-des-vosges.fr/2018/11/la-responsabilite-penale-d-enedis-recherchee-par-les-stop-linky-88.html ), à Paris avec Me Corinne Lepage ( linky.mysmartcab.fr ), à Lyon  avec 150 sympathisants d'Info Linky Sud Ouest Lyonnais, association qui s'oppose aux poses forcées. Leur avocat, Maitre Raffin soulignant avec force que Linky est le premier objet connecté imposé « c'est une violation du libre choix des administrés ». Selon lui, « ce compteur communiquant n'a pas été pensé dans l'intérêt des usagers mais pour permettre à Enedis de rentrer dans le big data. Les milliards de données exploitées par Enedis valent de l'or ».

 

 

 

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