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Publié par Philippe O.

Les rues adjacentes à la Préfectuire étaient bloquées samedi dernier

Les rues adjacentes à la Préfectuire étaient bloquées samedi dernier

Samedi dernier 300 Gilets Jaunes vosgiens et pacifiques se sont réunis pendant deux heures devant la Préfecture d'Epinal ( après une opération escargot en provenance de Saint Dié ) en bloquant la circulation des rues environnante alors que plusieurs GJ exposaient leur doléances au Préfet Pierre Ory. En écho à la manifestation nationale parisienne, passablement agitée.

Face à une absence de réponse pratique et adaptée du gouvernement vis à vis du mouvement citoyen des gilets jaunes, portant à l'origine exclusivement sur l'augmentation des taxes sur le diesel, on ne peut que faire le constat du choc culturel  ou de l'incompréhension mutuelle entre une France urbaine (qui peut se déplacer en transports en commun sans difficulté mais dont l'air ambiant est régulièrement pollué ) et une France périphérique qui ne peut se déplacer autrement qu'en véhicule automobile dans un territoire de faible densité démographique, mais qui pratique environnement sain et écologie quotidienne. Le durcissement du mouvement en cours est le synonyme de l'échec de la décentralisation du pouvoir technocratique et de sa communication, mais cela illustre aussi la fracture sociale tant de fois agitée dans les discours qualifiés de populistes depuis 1985.

 

Un mouvement protéiforme

Insaisissable, la classe moyenne inférieure a rejoint dans le mécontentement la population fragile ou déclassée ( qui va des plus faibles revenus comme les retraités et smicards jusqu'aux demandeurs d'emploi et allocataires), concrétisant la vision d'une France à deux vitesses nourrit d'un antagonisme profond ( pour ne pas parler de ressentiment ) qui se cristallise actuellement autour d'un refus général au consentement de l'autorité. Un mouvement non conventionnel, éclectique et protéiforme qui pousse dans la rue un agglomérat d'individualités qui ne se retrouve pas dans la politique macronienne. Les radars incendiés et les  parcmètres vandalisés dans les Vosges n'ont pas l'ampleur des dégradations de la place de l'Etoile, mais ce sont les détails sensibles d'une rupture entre les territoires et les élites de la représentation nationale, dont l'obstination a été forgée par leur haute conscience de la nécessité de réformer un pays dont le modèle socio-économique est en crise. D'obstination  ( taxée d'arrogance ) on est passé à une accusation d'autoritarisme, et plus que le retrait d'une hausse fiscale la rue demande maintenant le départ du gouvernement.

Une opposition spontanée qui évolue et se stabilise

A l'éclairage des dernières manifestations, la prise de conscience pour près de 80% de la population, du poids des taxes et de leur usage dévoyé, a renforcé un sentiment d'injustice et de défiance latente vis à vis des politiques et des institutions, soupçonnés d'une passivité complice ou au pire de tous œuvrer à l'encontre de l'intérêt de leur électorat .  Et d'un mouvement sympathique d'opposition à l'augmentation des taxes on passe lentement à un rapport de force jusqu'auboutiste, en passe d'être subtilement récupéré par des partis politiques minoritaires qui s'agitent pour une constitution dite de la sixième république, dont les élus seraient choisis à la proportionnelle et potentiellement révocables par consultation populaire.

 

Plus qu'un évènement du type des bonnets rouges de la fugace ère Hollande, le gouvernement macronien renforcé dans son évaluation de la situation par une atomisation de l'opposition et sa toute puissance trompeuse devra faire face à un tremblement de terre qui aura des répliques. Ne serait-ce que par une envie résurgente et constante des minorités de se faire entendre à un plus fort niveau que ce qu'ils représentent véritablement.

 

La rue peut elle changer la constitution ?
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