Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par A.V.P.

Gilets jaune et bonnets rouge en centre-ville

Comme pour tous les mouvements auto-gérés, les réseaux sociaux servent à fédérer et à donner des rendez-vous de mobilisation mais encore faut-il ... avoir le bon contact sur le web. C'est pourquoi la fréquentation était faible devant la Préfecture samedi alors qu'un mot d'ordre de regroupement pour 11 heures avait circulé. Une vingtaine de motards du groupe  Rat's Tatouille étaient bien présents avec les premiers rayons de soleil, pour une cinquantaine de spinaliens, principalement des retraités venus à pied pour apporter leur soutien à la contestation et une vingtaine de véhicules des villages alentours de la ville. Une diversité des revendications qui se cristallise autour de la surfiscalisation et de la perte de pouvoir d'achat.

Bonnets rouge et gilets jaune dans la fraicheru matinale des bords de Moselle

Bonnets rouge et gilets jaune dans la fraicheru matinale des bords de Moselle

"On peut plus se payer un plein"

Pour Thao 16 ans qui se destine au métier de chauffeur routier, le plein de sa moto n'est plus possible au prix actuel de l'essence. C'est sa première manifestation et pour lui  «  il faut se bouger et faire changer le pouvoir ». Frédéric de Vaxoncourt explique son cas qu'il estime emblématique des taxes sur le travail: technico-commercial il effectue 100 000 Km par mois. Le surcout de l'essence handicape inutilement son activité. «  Et pour changer de voiture, passer sur du moins polluant,  il faut avoir les moyens ou que les véhicules aient une autonomie correcte. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. C'est schizophrénique ! On nous incite à changer sans nous en donner ni le temps ni les moyens. Qu'est ce que cela vaut 2000 euros de prime pour une voiture qui vaut  plus de 40 000€ ? Qu'ils offrent des crédits gratuits à tout le monde et là, les gens vont changer leurs habitudes ». «  On est des manants, des non-bourgeois et donc  sujets de la justice seigneuriale. Comme des réprouvés et des laissés pour compte qui roulent en diesel car c'est le plus économique. Il n'y a que des parisiens pour penser que les transports en commun existent partout et que c'est la meilleure solution pour sauver la planète. A Uriménil la poste est à Xertigny à 10 Km. On n'a pas de bus, ni de train, ni de médecin. C'est injuste, taxer notre liberté de circuler c'est comme taxer l'air qu'on respire. »

Gilets jaune et bonnets rouge en centre-villeGilets jaune et bonnets rouge en centre-ville

Bonnets rouge et gilets jaunes

Serge bloque la piste cyclable à lui tout seul. Alain, retraité et cycliste en VAE se prête au jeu du blocage avec le sourire. «  Je suis de tout cœur avec les GJ, même si je ne suis pas à plaindre. Je suis en train de virer en retraité fauché avec toutes ces augmentations qu'on doit subir ». Serge ne cache pas son mécontentement : «  C'est la 1ère fois de ma vie que je manifeste. On a du mal à boucler les mois, on fait des sacrifices ( on part plus en vacances). 60 Km de trajet en voiture pendant 40 ans pour aller travailler. On marche à l'envers: il y a trop de social, on donne tout à des gens qui ne veulent rien faire et qui restent non imposables et on demande plus à ceux qui  travaillent. C'est toujours dans le même sens. La solidarité cela ne devrait fonctionner qu'avec des accidentés de la vie, pas les fainéants. On a l'impression que les pauvres on fait exprès de les maintenir pauvre et que les gens d'en-bas et de la périphérie  il faut qu'ils y restent. On ferme les écoles les postes et les gares, il n'y a plus de service public alors qu'il y a de plus en plus de fonctionnaires qu'il faut faire vivre ou dont on doit payer les retraites. C'est aberrant ».

 Un peu plus loin deux bonnets rouges de Saint Avé prés de Vanne dans le Finistère portent la bonne parole. «  Nos enfants manifestent en Bretagne. Nous on est ici. Alors on représente la Bretagne qui en a marre de ces élus hors sol et perchés à 2000 mètres. On est en retraite depuis le début de l'année et c'est une sacrée chute de rythme de vie faute de finances. Le calcul de l'inflation est faux, le calcul des retraites est faux et au final on a plus rien à nous. L'état est propriétaire de nos comptes bancaires et dirige notre consommation sous des prétextes fallacieux. On a vraiment l'impression d'avoir travaillé toute sa vie pour des clopinettes! Et il faudrait dire merci en plus ? ».

Gilets jaune et bonnets rouge en centre-ville
Gilets jaune et bonnets rouge en centre-ville

Les cocus de Macron

« Les syndicats et les partis roulent surtout pour eux. Ils se laissent embobiner par le pouvoir sous prétexte de sens des responsabilités et d'échanges équilibrés. Ils pantouflent au Conseil Economique et social largement rémunérés pour un temps de présence aléatoire. Faut pas s'étonner que les populistes l'emportent aux prochaines élections ». « J'ai voté Macron et il nous a trompé » se fâche Joël, jeune retraité . « J'ai travaillé 44 ans sans un arrêt de travail et je n'ai jamais volé la société. Il est scandaleux de payer de la TVA sur des taxes et des taxes sur des taxes alors que tous les abonnements de fluides et énergies augmentent automatiquement. C'est se foutre du monde. J'aime pas me faire tondre par des gens qui ont tous les moyens. Il n'y aura pas de pardon pour la CSG des retraités, c'est du vol. C'est l'injustice complète, c'est pour ça que les populistes vont percer comme dans tous les pays d'Europe. Les politiciens ils sont pareils qu'avant, ils sont tout à leurs petites affaires, à vivre sur le dos des contribuables sans exemplarité ou souci de rétrocession. Les équilibres et la confiance sont rompus, faire les cocus c'est fini ! »

Gilets jaune et bonnets rouge en centre-ville
Gilets jaune et bonnets rouge en centre-ville
Gilets jaune et bonnets rouge en centre-ville
Beaucoup de gilets jaunes ou fluo devant la Préfecture ce 17 novembreBeaucoup de gilets jaunes ou fluo devant la Préfecture ce 17 novembreBeaucoup de gilets jaunes ou fluo devant la Préfecture ce 17 novembre

Beaucoup de gilets jaunes ou fluo devant la Préfecture ce 17 novembre

Le pouvoir d'achat en berne

« Je veux bien payer 100 000 euros d'impots, ce serait la preuve que je gagne bien ma vie. Mais ce n'est pas le cas  » atteste Danielle qui devrait partir dans 6 mois à la retraite. « A ce jour les taxes sont excessives. C'est le trop plein... à défaut de pouvoir le faire. J'ai pas été augmentée depuis 5 ans et j'arrive pas à mettre d'argent de coté. On se prive de tout alors que mon dernier gamin a encore 13 ans. On fera comment s'il peut faire des études supérieures ? ».

Cathy retraitée depuis 4 ans, affirme avoir touché 2 euros de plus en retraite complémentaire cette année. «  C'est se moquer! On ne peut plus rien faire, c'est la grosse dégringolade du pouvoir d'achat. Il ne reste plus rien pour les enfants, même en traversant la route il n'y a rien. Chez moi c'est des champs ».

Yves, enseignant à la retraite est venu en couple et à pied mais sans gilet: «   j'ai abandonné la voiture depuis que je suis en retraite, je n'avais plus les moyens  et j'ai choisi de vivre en ville et à pied »  .  Solidaire avec les actifs, il fournit l'exemple de ses enfants:  «  ils font le trajet tous les jours pour aller au travail entre 70 pour l'un et 30 kilomètre pour l'autre, sans possibilité de transports en commun ou de covoiturage. La voiture c'est 20% de leur budget mensuel alors qu'ils ne pourront  pas  déduire plus sur leurs calculs de frais professionnels  à l'impôt sur le revenu et que leurs  défraiements ne sont pas revalorisés. Ce sont les jeunes et la France qui travaille qui sont pénalisés. Ce n'est  pas seulement nous les retraités qui sommes repoussés vers  la périphérie des invisibles »  . Un échantillon réduit parmi les nombreux mécontents mais  aucun Gilet Jaune et sympathisant  n'excluait de revenir manifester sur la place publique faute de résultats.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article