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Publié par A.V.P.

Suez - Barisien: des employés manipulés ?

Suite à l'appel d'offre de renouvellement du marché pour 10 ans du tri sélectif des déchets, la société lorraine Citraval ( groupe Schroll) va devenir le futur prestataire d’Evodia pour le tri des déchets recyclables. L’annonce de changement de prestataire à la déchetterie de Razimont avait provoqué l’inquiétude des salariés qui l'avaient exprimé «  spontanément  »  en manifestant devant le conseil départemental dans la semaine. Si Citraval succède à Suez-Barisien dont le marché arrive a échéance en novembre, après un temps de négociation naturel, les deux entreprises ont dés à présent et sous la houlette d'Evodia trouvé un accord pour la période de transition de plus d'une année.

 

 

Pascal Shroll de Citraval

Pascal Shroll de Citraval

Un renouvellement de marché conforme

Le président d'Evodia, Benoit Jourdain précisant avec un bon sens paysan que nul ne lui contestera  que « crier avant d'avoir mal, n'éloigne pas la douleur » est revenu sur la manifestation épidermique devant le conseil départemental d'une douzaine d'employés de Suez . « Il y a un code des marchés publics et des règles de mise en concurrence. Comme le marché avec Suez n'est pas renouvelé par la commission d'appel d'offre, les salariés concernés par le retraitement des 18 000 tonnes de déchets valorisables, soit 17 personnes, recevront des propositions de la part de Citraval. Mais au préalable une mise au point sur les modalités de transition restait à effectuer entre entrant et sortant et c'est ce qui s'est passé. Cette transition, c'est la réalité de la situation que connaissent nombre d'attributaires de marchés publics. Je rappelle que l'outil, le centre de tri, est privé et ne fonctionne pas qu'avec les déchets recyclables de notre société. Il a été construit pour 10 millions suite à l'incendie du centre de tri de Vaudémont en 2013, alors que le conseil d'administration du S.M.D. ( devenu ensuite Evodia ) avait voté une motion pour qu'il reste à Vaudémont à l'époque ». « Pour évoluer vers le niveau qualitatif souhaité par notre collectivité et le zéro déchets ultime, notre ancien prestataire aurait du réinvestir 4 à 5 millions de plus. Si sur la valeur de son offre il n'était dépassé que d'un pour cent, sur les critère techniques et environnementaux il était largement en dessous de nos attentes. Cela explique le résultat qui aurait pu être plus disputé s'il y avait eu d'autres candidats que les sociétés Suez et Citraval ».

Des investissements d'infrastructure justifiés

« Les 2,2 millions de travaux du Conseil Départemental pour supprimer la dangerosité de la route de Razimont - DC3 ne concernent qu'en partie le centre de tri de Suez pour Evodia, puisque cette activité n'est responsable que de 10% du trafic. S'étonner d'un investissement du département incohérent avec le choix final du marché est inadapté  et hors sujet ».

Un coup dur mal géré par Suez

Une absence de renouvellement de marché qui a constitué une surprise  pour le groupe national de prestations de service aux collectivités bien connu, qui a plutôt l'habitude de ne laisser échapper aucun marché public. Renseignements pris sur place, certains collaborateurs se déclarent désabusés par les derniers évènements sociaux de Suez-Barisien:  «   l'encadrement  a jeté de l'huile sur le feu et a court circuité les représentants syndicaux en misant sur l'émotionnel ». Certains salariés  estiment même avoir été manipulés: «  la hiérarchie a perdu toute crédibilité alors que l'activité va se poursuivre en sous-traitance sur le site pour Citraval pendant plus d'un an. Ils ont joué à un jeu dangereux et non constructif qui pouvait remettre en cause la reprise du personnel » .

 

Une belle illustration d'indépendance

 « Citraval qui travaille déjà avec Evodia pour les huisseries et le plâtre va investir 14 millions dans un centre de tri technologique et à très forte performance à Chavelot sur un terrain de 3 hectares. Ce sera une référence nationale  » précise Pascal Shroll, le dirigeant de Citraval. « Le bon sens veut que les déchets voyagent le moins possible, un outil local s'imposait. Le permis de construire sera déposé rapidement pour une ouverture en 2019 avec 24 employés sur site. Notre groupe familial d'origine alsacienne  spécialisé dans le déchet collecte déjà 90 000 tonnes sur trois de ses sites. Notre démarche est durable et prudente: nous avons 85 collaborateurs en Lorraine, 470 au total dans le Grand Est pour 120 millions de chiffre d'affaires consolidés ». Une belle contre-illustration pour ceux qui pensent qu'il n'y a que du capitalisme de connivence en France.

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