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Publié par A.V.P.

Jean-François Lacombe, dernier mort au combat du 18ème Régiment de Transmissions

Commémoration exceptionnelle pour les anciens du 18ème Régiment de Transmission, l'unité présente au quartier Varaigne de la Vierge de 1951 à 1997. La mémoire de l'Adjudant-Chef Lacombe, mort sur la ligne de front en Yougoslavie le 24 décembre 1993 a été évoquée en présence de Sylvia son épouse, du colonel Cyril Leprêtre du 1er Régiment de Tirailleur ( unité héritière des équipements de La Vierge), du lieutenant-colonel honoraire Jean-Paul Grammont ( président de l'association des Anciens du 18ème RT ), du général de Corps d'Armée Dominique Royal, du général Gilbert Gadaut ( ancien chef de corps ) et de Jacques Grasser, adjoint au Maire d'Epinal.

Une stèle à la mémoire de Jean-François Lacombe a été érigée le 29 septembre 1994 et le stade de La Mouche de la Vierge a été rebaptisé depuis lors de son nom.

Jean-François Lacombe, dernier mort au combat du 18ème Régiment de TransmissionsJean-François Lacombe, dernier mort au combat du 18ème Régiment de Transmissions

Une cérémonie faite de  simplicité et recueillement

La manifestation commémorative s'est déroulée en présence d'une cinquantaine de personnes et d'anciens du 18 RT, avec un peloton d'honneur de la seconde compagnie, l'accompagnement sonore de la Nouba ( qui a interprété la marche du 18 ) accompagnée du bélier porte-bonheur Messaoud V.

 

Jean-François Lacombe, dernier mort au combat du 18ème Régiment de TransmissionsJean-François Lacombe, dernier mort au combat du 18ème Régiment de Transmissions

Un drame oublié

De janvier 1992 à octobre 1995, 50 000 soldats français ont été engagés en ex-Yougoslavie au sein de la Forpronu ( Forces de Protection des Nations unies ) afin de séparer les belligérants nationalistes et séparatistes en Croatie puis en Bosnie et protéger les populations civiles. L'ancienne République yougoslave, une mosaïque de 24 millions d'habitants faite de 6 républiques avec 3 religions et 4 cultures, s'est vite révélée un bourbier complexe pour les forces des Nations Unies. Les serbes, la communauté historiquement dominante, se sont d'abord opposés aux croates ( 13% de la population ) puis aux bosniaques ( 48% de la population ) ces derniers s'alliant ensuite aux croates pour faire plier les serbes et avant que ne soit trouvé un accord entre belligérants à Paris puis Dayton en décembre 1995 . En trois ans de présence sous mandat de l'ONU, ce sont 47 militaires français qui ont trouvé la mort lors de ce conflit ( 31 sous officiers, 9 soldats, 7 officiers  ). Un affrontement caractérisé par des règles d'intercession très - ou trop - diplomatiques, une force multinationale disparate et non belligérantes en opposition avec la culture d' interventions extérieures des forces françaises, et alors que les forces en présence n'hésitaient pas à se servir d'otages civils en boucliers humains ou à procéder à des purifications ethniques ou des déplacements violents de populations.

Jean-François Lacombe, dernier mort au combat du 18ème Régiment de Transmissions

« Ardent et généreux »

Reprenant la devise du régiment de transmission et qualifiant l'adjudant-chef Jean-François Lacombe d'ardent et généreux, Jean-Paul Grammont complétait en affirmant qu' il aurait bien mérité la devise du régiment de Tirailleur « Le premier, toujours le premier  ».

Tragique de la situation, l'adjudant du 18ème Régiment des Transmissions basé à l'époque à Epinal, arrivé en ex-Yougoslavie depuis moins de deux mois est devenu le 18ème militaire et casque bleu français a être tué,  le 24 décembre 1993 à 17 heures dans la poche musulmane de Bihac (nord-ouest de la Bosnie), sur la route reliant Velika Kladusa à Coralici sur la ligne de front qui opposait musulmans séparatistes du nord de Bihac et ceux du sud, rattachés à Sarajevo.

Touché à la tête par une rafale d'arme automatique alors qu'il se trouvait dans un véhicule de l'ONU en déplacement, le tir serait venu des lignes occupées par les musulmans séparatistes obéissant à Fikret Abdic. Mort à 39 ans, marié à Sylvia depuis 1976 et père d'un petit garçon, les obsèques de l'adjudant-chef ont eu lieu le 29 décembre 1993 à Epinal en présence d'une foule nombreuse et du ministre des Armées François Léotard, qui était lui même en Bosnie à Cazin le 24 décembre.

Le Caïd des Tirailleurs, le colonel Cyril Leprêtre et ses troupesLe Caïd des Tirailleurs, le colonel Cyril Leprêtre et ses troupes

Le Caïd des Tirailleurs, le colonel Cyril Leprêtre et ses troupes

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