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Publié par Philippe O.

Que d'eau, que d'eau.. Quel avenir pour la Moselle

Pastichons le fameux Maréchal de Mac Mahon mais au sujet de la Moselle,  prochain axe de développement de la Communauté d'Agglomération d'Epinal ( CAE). Epinal Terre de Bien-être, le marketing territorial de l'agglomération, s'axe sur le fleuve et son bassin, que ce soit au travers de son Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) , du fait du déploiement de la nouvelle compétence GEMAPI ( Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations ) ou en raison des enjeux touristiques ou sportifs. Après  la découverte du fleuve, de ses rives et de son territoire par 70 élus et lors d'une table ronde en février, c'est au tour  du grand public d'évoquer et de formuler ses attentes en rapport avec le milieu aquatique. Dernièrement au marché couvert, un atelier des territoires « faire de l'eau une ressource pour l'aménagement » mobilisait les différents intervenants du projet afin de recueillir l'avis du public. Une démarche de proximité méritoire,  bien que non encore aboutie.

Imaginer la Moselle du futur avec les pouvoirs publics assistés de spécialistes de l'aménagement du territoire telle était l'animation proposée aux spinaliens de passage une matinée entière par les élus de la CAE, le président Michel Heinrich et le Vice-Président en charge de l'eau Gérard Colin ( maire d'Ubexy prés de Charmes). Lauréate d'un appel à projet national du Ministère de l'Environnement, la communauté d'agglomération assisté du personnel de la Direction Départementale des Territoires ( dont la directrice adjointe Patricia Bourgeois était présente ) sollicitaient sympathiquement les passants, afin qu'ils projettent leurs espoirs et attentes en ce qui concerne les usages, les activités, les aménagements que l'on trouve le long de la Moselle, de ses canaux, des plans d'eau ou d'affluents.

 

 

Que d'eau, que d'eau.. Quel avenir pour la MoselleQue d'eau, que d'eau.. Quel avenir pour la Moselle

Un remue méninges au fil de l'eau

Les citoyens de passage étaient invités à laisser une idée, à afficher leur opinion ou lire celle d'autrui à propos de la Moselle ou de l'eau sur de petites pancartes accrochées sur un fil à linge. La préservation du fleuve, la valorisation de son intérêt naturel et de loisir étaient bien évidemment les idées les plus exprimées. Evincer les espèces invasives ( cormoran et renouée du japon ), améliorer la propreté des rives et leur aménagement en bord de fleuve pour les marches-promenades à l'image de ce qui a été fait autour du réservoir de Bouzey, assurer une analyse régulière de l'absence de produits phytosanitaires ou perturbateurs endocriniens ( dont le fameux glyphosate ) dans le fleuve pour pouvoir s'y baigner sans crainte, permettre la remontée de péniches jusqu'au centre ville pour pouvoir y habiter... les idées les plus folles aux plus raisonnables ont été affichées. Prochaine étape la restitution  par les spécialistes des agences CAUDEX-ADAGE-DAC mandatées par les pouvoirs publics et une proposition de méthode ou de stratégie  à destination des financeurs ( Direction Générale de l'aménagement du logement et de la nature, DREAL ) et des acteurs ( CAE, DDT et Agence de l'eau Rhin Meuse).

 

 

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Le retour d'une vieille idée

Pour Léonard, un vieux spinalien et amateur de ballades le long du fleuve, l'intérêt récemment porté au fleuve est naturel sinon indispensable: « Aménager le territoire autour de l'eau c'est une vieille idée qui a toujours été reportée par les élus vosgiens hormis prés des sources et thermes alors que c'est une richesse et un bien commun depuis très longtemps, que ce soit pour le flottage de bois au moyen-âge jusque vers les ports hollandais, pour la force motrice des hauts-fers ou pour l'énergie hydro-électrique lors de la révolution industrielle. Les gravières qui deviennent des centres aquatiques comme à Thaon ne sont qu'un volet ludique mineur de l'emploi de cette ressource. La navigation est impossible en amont d'Epinal et c'est dommage pour le tourisme sportif. Economiquement la pisciculture ou la mytiliculture sont très peu développées ou inexistantes par exemple et quantité de turbines hydroélectriques de nouvelle génération pourraient être installées afin de consolider l'autonomie énergétique du département. Mais l'Etat et les politiques, pour des motifs électoraux historiques - éviter la confrontation avec les pécheurs et écologistes- ne les autorisent qu'avec beaucoup de prudence. Un center parc ou un parc de loisir qui utiliseraient l'eau vive et le vélo comme éléments de différenciation nationaux ce serait un bel atout pour la région ».

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Des motivations trop financières?

«  Il n'y a pas de site internet ouvert, de boites à idées ou d'invitation d' associations citoyennes impliquées dans l'écologie » s'étonne un trentenaire en tenue de cycliste auprès des animateurs « Vous n'avez même pas assez de pancartes et de fil tendu ». «  C'est encore une de ces études alibi pour faire dire au public ce qu'ont décidé les élus depuis bien longtemps » commente Irène en trainant difficilement son cabas à roulette lourdement chargé et en évitant les animateurs de l'atelier. « Mon petit-fils qui travaille à la mairie m'a déjà dit ce que veulent les élus: c'est faire financer un nouveau bassin de canoë-kayak pour les jeux olympiques. Mais aussi utiliser un maximum de subventions pour l'eau pour réhabiliter Bitola en entrée de ville. Ils n'ont qu'à en faire une micro-Venise avec des canaux à gondole de ce quartier. Tout ce qu'ils peuvent récupérer comme financement de l'Etat, ils courent après. Mais cela veut dire qu'ils doivent aussi investir en proportion et c'est comme cela que les impôts, fort élevés, ne diminuent pas à Epinal, ce qui fait fuir les ménages en périphérie. On parle de qualité de vie, mais à 73 ans je ne canote plus sur la Moselle et j'ai du mal à me promener sur les berges. A mon goût et pour mon usage, ce sont des investissements bien inutiles qui vont être effectués en ces temps ou les pensions ne sont pas revalorisées. Les préoccupations des spinaliens au quotidien ne sont pas celles des élus en recherche de financement ou de notoriété ». Une interprétation atypique mais avertie et spontanée.

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