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Publié par P.O.

Médailles, histoire et témoignages

Dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale mais aussi pour la fête anniversaire de la victoire du Garigliano par le corps expéditionnaire français en mai 1944, les vitrines de la galerie de la mairie exposent entre 300 à 400 médailles, certificats , diplômes et explications ou légendes diverses parmi les 3000 de la collection personnelle de l'adjudant-chef Ludovic R., actuel chancelier au 1er Régiment de Tirailleurs.

Une fonction mixte ( administrative et humaine ) qu'il occupe jusqu'à son départ du régiment en octobre et lui permet de joindre l'utile à la passion puisqu'il a en charge de traiter au sein du régiment et au profit de tous les militaires les affaires de discipline, les travaux de notation, d'avancement et les décorations.

Médailles, histoire et témoignages
Médailles, histoire et témoignages

Une symbolique historique

Originaire de Cahors, Ludovic R. pense avoir contracté le goût des médailles et distinctions tout jeune, au contact de son grand-père ancien combattant mais aussi à l'école. « Mon instituteur avait fait venir son père, ancien combattant de la première guerre pour témoigner de ce qu'il avait vécu. C'était poignant d'avoir un témoignage de la part de ceux qui ont vécu cette épreuve, il nous l'avait fait revivre avec authenticité. Et s'il y a eu quelques cas de fusillés pour l'exemple ou par désobéissance, c'était infime, le plus grand nombre des soldats s'est battu avec courage et abnégation». Un respect de l'histoire et des symboliques qui n'a pas de relève à ce jour suivant l'adjudant chef, par défaut d'intérêt de la jeunesse actuelle, peu initiée à sa compréhension. Pour Ludovic R. « Il y a deux sortes de collectionneurs. Les compulsifs qui accumulent et qui s'attachent à l'objet dans sa forme ou ses déclinaisons, et d'autres passionnés, qui cherchent à comprendre et donner à voir la perspective humaine dans son contexte de l'époque, l'objet n'étant qu'un témoignage supplémentaire, un média pour donner à réfléchir. C'est ce à quoi je me suis employé dans cette exposition, à donner une vision de parcours d'êtres exceptionnels ou d'anonymes qui ont connu des évènements qu'ils ont abordé avec honneur et chance ».

 

 

 

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Des parcours exceptionnels

 

Ce sont quelques uns des parcours exceptionnels qu'ont connu les anciens combattants qui sont exposés avec et par les attestations, certificats, livrets et médailles. Comme par exemple l'histoire du soldat mosellan Dantorel qui chose exceptionnelle, a fait la première guerre sous deux uniformes antagonistes. Incorporé de force dans la zone Lorraine occupée, il déserte l'armée prussienne en Russie, parvient à rejoindre la France et finira la guerre sur le front de l'ouest en combattant dans l'armée française sous le nom de Charles Dumont. Ou le cas de Marcel Turboust. Simple soldat d'infanterie coloniale, il finira la guerre au grade de sergent avec 11 citations sur sa Croix de guerre ( distinction rare pour un sous-officier), blessé trois fois sur les différents fronts ( Belgique, Verdun: Chemin des Dames et Douaumont ), titulaire de la Distinguished Conduct Médal brittanique, de la médaille militaire et de la légion d'honneur. Rappelé en 1939 il participera en tant qu'officier de réserve à la seconde guerre mondiale pour décéder longtemps après à l'âge de 78 ans à Perpignan. Autre épopée, historique celle là, avec Jean Granier sous officier blessé 3 fois puis promu officier, présent lors de la création de la république tchécoslovaque à Darney ( en présence de Raymond Poincaré et Edvard Benes ), puisque formateur des premières forces armées de la jeune république qu'il mènera au combat en Alsace au sein du 21ème régiment de Chasseurs Tchécoslovaques.

 

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Des témoignages illustrés d'hommes d'un passé oublié

 

Plusieurs témoignages poignants de morts au combat sont aussi présentés sous vitrine. Celui concernant le spinalien Séraphin Imatte, soldat au 170ème RI, tué à Verdun transporté et enterré par son frère et son ami de jeunesse Marcel Vinot. Les restes des affaires personnelles du toulousain et sergent Jean Mayrargue tué au chemin des Dames en avril 1917, sont exposés. Dont sa plaque d'identification qui a été tordue par le souffle de l'explosion qui l'a touché, et ses affaires personnelles maculées de son sang. Cette exposition, c'est aussi un coup de projecteur moins glorieux sur les conflits oubliés car plus lointains: la bataille des Dardanelles, contre les Bulgares en Macédoine ou en Albanie, des poilus d'Orient qui ont combattus jusqu'en 1921 jusqu'aux combattants d'Afrique ( campagne du Maroc de 1914) ou de Serbie.

 

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Médailles, histoire et témoignages

Mais aussi des objets originaux et exceptionnels

 

Des distinctions et médailles des alliés russes, polonais, anglais, belges, italiens ou luxembourgeois sont accrochées avec leurs spécificités nationales pour les adeptes de la phaléristique ( science auxilliaire de l'histoire qui a pour objet l'étude des ordres, décorations et médailles).Quoi de plus commun qu'une Médaille militaire attribuée à 950 000 exemplaires pendant la première guerre ( et souvent à titre posthume ) par rapport à des raretés comme la médaille de la solidarité du Panama de 1918 ( 100 exemplaires ), l'Ordre de la couronne Roumaine, ou la médaille du mérite militaire Chérifien. Une exposition qui sera montrée à voir aux jeunes classes scolaires des établissements alentours ou à voir  de passage à la mairie jusqu'au 21 mai.

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