Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par P.O.

Grêve à Carrefour Jeuxey : Une mobilisation exceptionnelle ... pour commencer!

Le samedi de Pâques a été passablement chamboulé au Carrefour de Jeuxey avec une bonne centaine de manifestants de F.O. ( majoritaire ) et de la CGT devant les portes et la mise en place de chicanes de caddies renversés sur le parking et en entrée de magasin. Un frein à l'entrée des clients qui pour 80% d'entre eux sont partis à la concurrence comme dans les 220 autres hypermarchés concernés par la fronde en France.

 

Cette manifestation répondait à l'appel d'ordre national des syndicats, inquiets du plan de restructuration d'Alexandre Bompard qui prévoit le départ de 2400 personnes - principalement par fusion des 5 sièges sociaux distincts aux différents formats en région parisienne - et la transformation du modèle économique des hypermarchés, un modèle déclinant du fait de la concurrence du commerce en ligne et des hard discompteurs.

 

 

 

Grêve à Carrefour Jeuxey : Une mobilisation exceptionnelle ... pour commencer!

350 euros d'intéressement supplémentaire et forfaitaire pour 2017.

Avec des résultats d'exploitation fortement en recul en 2017 ( 531 millions perdus par rapport à l'année précédente), les négociations salariales n'avaient pas commencé que des informations syndicales circulaient déjà sur la baisse de 600 à 57 euros de la participation légale de l'année. Une perte de pouvoir d'achat insupportable pour le plus grand nombre de salariés, qui comparent le montant total de la participation distribuée  - en fort recul - avec le montant impressionnant de la distribution aux actionnaires ( elle même aussi en recul dans les mêmes proportions). La direction a donc annoncé le 30 mai le versement à titre exceptionnel de 350 euros supplémentaires d'intéressement pour compenser la perte de participation des salariés. Insuffisant pour les syndicats qui n'ont pas encore fini de négocier le taux d'augmentation des salaires. Des perspectives qui promettent de nouvelles manifestations dans les semaines à venir.

 

Les époques changent

 

« Qu'ils aillent chez Michel Edouard, voir combien ils seraient payés  ! » grommelle un consommateur perturbé dans ses achats du samedi en se faufilant entre les chicanes de caddies renversés. « Il faut reconnaitre qu'ils ont des raisons de s'inquiéter  » précise un cadre qui observe les grévistes avec dépit « pendant des années c'est le front de vente - donc le magasin - qui a du encaisser des réorganisations et des baisses de coût, au profit d'une centralisation toujours plus lourde et de frais de structure handicapants. Ca ne bougeait pas car les résultats du groupe et donc les rémunérations restaient toujours au-dessus de celles de la concurrence. On était les enfants gâtés de la distribution. Mais c'est bien fini. Faut espérer que le chiffre perdu pourra  se récupérer lundi, sinon c'est encore de l'intéressement qui va disparaitre en fin d'année. »

Une mutation trop rapide

Un employé à Carrefour depuis 15 ans apporte sa lecture à la situation: «  La présence aux sièges d'une véritable armée mexicaine - faite de parisiens exigeants et de spécialistes hors sols - qui au final pénalise le prix de vente et donc le chiffre, ce n'est pas durable. On n'a plus aucune agilité terrain et c'est encore plus sensible dans une région comme la nôtre ou on est leader en chiffre et en choix. La nouvelle direction nous la joue à la Macron, tout en même temps et tout de suite, sans concertation. Elle n'a même pas pris le temps d'intégrer nos valeurs et notre culture, qui valorise le rapport humain et le sens. Elle veut avancer à marche forcée, au risque d'une dégradation du dialogue social sans précédent et avec une absence totale de la déclinaison pratique de la vision de Bompard. Les réactions de crispation et de posture sont inévitables. C'est une page qui se tourne de plus de 50 ans d'hypermarché à la française, consensuelle avec les salariés et au profit commun des employés et des actionnaires. »

Grêve à Carrefour Jeuxey : Une mobilisation exceptionnelle ... pour commencer!

Les époques changent

« Qu'ils aillent chez Michel Edouard, voir combien ils seraient payés  ! » grommelle un consommateur perturbé dans ses achats du samedi en se faufilant entre les chicanes de caddies renversés. « Il faut reconnaitre qu'ils ont des raisons de s'inquiéter  » précise un cadre qui observe les grévistes avec dépit « pendant des années c'est le front de vente - donc le magasin - qui a du encaisser des réorganisations et des baisses de coût, au profit d'une centralisation toujours plus lourde et de frais de structure handicapants. Ca ne bougeait pas car les résultats du groupe et donc les rémunérations restaient toujours au-dessus de celles de la concurrence. On était les enfants gâtés de la distribution. Mais c'est bien fini. Faut espérer que le chiffre perdu pourra  se récupérer lundi, sinon c'est encore de l'intéressement qui va disparaitre en fin d'année. »

 

Grêve à Carrefour Jeuxey : Une mobilisation exceptionnelle ... pour commencer!

Une mutation trop rapide

Un employé à Carrefour depuis 15 ans apporte sa lecture à la situation: «  La présence aux sièges d'une véritable armée mexicaine - faite de parisiens exigeants et de spécialistes hors sols - qui au final pénalise le prix de vente et donc le chiffre, ce n'est pas durable. On n'a plus aucune agilité terrain et c'est encore plus sensible dans une région comme la nôtre ou on est leader en chiffre et en choix. La nouvelle direction nous la joue à la Macron, tout en même temps et tout de suite, sans concertation. Elle n'a même pas pris le temps d'intégrer nos valeurs et notre culture, qui valorise le rapport humain et le sens. Elle veut avancer à marche forcée, au risque d'une dégradation du dialogue social sans précédent et avec une absence totale de la déclinaison pratique de la vision de Bompard. Les réactions de crispation et de posture sont inévitables. C'est une page qui se tourne de plus de 50 ans d'hypermarché à la française, consensuelle avec les salariés et au profit commun des employés et des actionnaires. »

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article