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Publié par P.O.

 Le lieutenant Boullenger et le Procureur de la république Etienne Manteaux

Le lieutenant Boullenger et le Procureur de la république Etienne Manteaux

Belle illustration de la mutualisation et la convergence des moyens humains entre la gendarmerie et la police des Vosges et de Meurthe-et-Moselle avec la dernière affaire judiciaire rendue publique par le Procureur de la République des Vosges Etienne Manteaux. Assisté du Lieutenant de gendarmerie Laure Boulanger commandant de la division atteinte aux personnes à la section de recherche de Nancy, le magistrat a donné compte rendu du dernier coup de filet opéré en Lorraine, après un intense travail d'enquête et de filature, qui a permis la saisie de plus de 10 kilos de stupéfiants.

Grace à une information collectée à Mirecourt fin décembre 2017, les forces de l'ordre ont mis sous surveillance un résident de Ceintrey soupçonné de se fournir en drogue auprès d'un bar à chicha de Nancy. Une première opération en février sur commission rogatoire d'un juge d'instruction spinalien a permis l'interpellation de 3 personnes ( dont probablement le grossiste ou « nourrice » ), complété par une seconde vague de 10 interpellations simultanées en 8 points différents, principalement des consommateurs, le 4 avril dans les Vosges et à Nancy.

 

Coke en stock dans les Vosges

La tête de réseau interpellé dés février

« C'est une satisfaction qui n'est pas fréquente d'être parvenu à identifier grossiste et nourrice dés le début de l'enquête pour redescendre ensuite sur les revendeurs, d'habitude c'est dans l'autre sens que cela fonctionne. Ont donc été interpellées trois personnes soupçonnées d'être les têtes de réseau en février, puis 4 étages de distributeurs qui sévissaient à partir d'un bar à chicha nancéien. Le gérant a été mis en détention provisoire. Lui n'était pas connu défavorablement des services de police à la différence de membres de sa famille. A la première perquisition, 521 grammes de cocaïne, prés de 10 kilos de cannabis ( dissimulés dans un coffre à moto au fond d'un placard et trouvés par les chiens anti-drogue), 2 armes de chasse dont une volée, deux montres de luxe et 5800 euros en liquide ont été saisis. Le 4 avril ce sont 280 grammes de résine et 200 d'herbe de cannabis, 50 grammes de cocaïne, 1 000 euros en numéraire et 6 voitures qui ont été saisis au titre des avoirs criminels » . Suivant les dernières informations,  ce sont au final 7 personnes qui ont été placées en détention pour trafic de drogue deux autres étant placées sous contrôle judiciaire.

Des trafiquants avec des profils étonnants

« La quarantaine, un travail en contrat à durée indéterminée, bien intégré socialement, sans casier judiciaire, il est étonnant de constater que le commerce de la drogue n'est pas réservé à des marginaux. La présence plus importante de cocaïne par rapport à l'héroïne  ( qui se commercialise à 60 euros le gramme, alors que l'héroïne est à 25 euros le gramme ) laisse à penser que ce stupéfiant se banalise. A la différence de l'héroïne, c'est un excitant qui n'entraine pas de dépendance physique mais qui génère malgré tout une dépendance psychique. Bien que moins délétère elle donne une impression de toute puissance passablement dangereuse, qui touche toutes les couches de la société ». 

 

Des saisies administratives qui piquent

 « Comptes bancaires, assurance vie, véhicules, meubles et biens immobiliers, tout peut être saisi administrativement  dés lors qu'il y a soupçon  de trafic de drogue et donc lutte contre le crime organisé. Cela déstabilise passablement les délinquants qui n'en ont pas l'habitude, alors que ces saisies deviennent le plus souvent des confiscations au tribunal et sont alors versés au budget général de l'état sauf si besoin d'une dotation particulière à un service. Nous sommes à ce jour au niveau européen: les anglais, les italiens et les espagnols ayant les mêmes dispositifs à leur disposition. L'Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués ( AGRASC) composé d'une vingtaine de personnes de services différents - mais sous la responsabilité du ministère de la justice - permets de remonter très loin dans les transferts d'argent. Récemment on a fait saisir des biens immobiliers en Guadeloupe dans une affaire de détournement de  biens sociaux d'une entreprise vosgienne qui a été mise en liquidation. L'AGRASC créée il y a 7 ans, a pratiquement vu passer entre ses mains un milliard d'euros au total ». 

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