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Publié par P.O.

L'artiste qui ne savait pas dessiner

Peintre muraliste marseillais d'abord invité par le mur d'Oberkampf puis par l'association spinalienne Le Mur pour sa neuvième édition, Stephane Moscato est monté à Epinal avec du soleil dans la voix et un projet visuel très ouvert. Vite mis au travail après trois jour de découpe de ses pochoirs, il a rapidement profité des éclaircies et du temps clément pour attaquer sa fresque dans des conditions non pluvieuses. Une œuvre figurative, mais dont la simplicité n'est qu'apparente.

 

Stephane Moscato sous le soleil spinalien

Stephane Moscato sous le soleil spinalien

«  Je ne suis plus étanche, je dois vieillir, je ne supporte plus la pluie » témoignait cordialement l'artiste qui se méfiait d'éventuelles conditions climatiques hivernales. Interrogé sur sa source d'inspiration pour la neuvième édition du mur spinalien, le muraliste confesse une recherche de sens avec le cadre et l'arrière plan ( les arbres de la forêt du château ) mais aussi avec l'histoire de la ville intimement mêlée aux Images de l'imprimerie Pellerin. « J'ai été à l'Imagerie d'Epinal où l'on m'a ouvert les portes très sympathiquement pour me présenter l'impression et les fonds d'affiches. J'ai été très cordialement accueilli par Pacome Vexlar et j'ai pu choisir le fond de forêt 1554, un décor de théâtre portatif. »

L'artiste qui ne savait pas dessiner

Un emprunt au patrimoine des images transcendé

 Agrandie et reproduite à proportion, l'image d'Epinal a été agrémentée par le photomontage d'un ogre-bucheron et d'un graphisme de type américain des années 60. « Epinal a une identité forte autour des histoires. On pouvait s'attendre a voir sortir du bois le chaperon rouge ou le Loup. J'ai préféré interroger l'homme dans son rapport à la nature, il y a du contexte et un jeu. L'homme est un prédateur de la forêt, il le vit avec bonne conscience, jusqu'à quel point ? » s'amuse l'artiste devant les interrogations du public. « Encapuchonné à la berrurier noir, le bucheron devient un personnage universel, menaçant par sa confiance en lui et sa détermination  » diagnostique Jacques, un cinquantenaire averti. « C'est un viking avec des spaghettis dans une fête médiévale  » s'exclame Basile de 9 ans d'âge. « Je ne suis pas d'accord  » dit Félix du haut de ses 11 ans « c'est un clone tueur sans tronçonneuse ! », une réponse qui fait sourire sa maman.

L'artiste qui ne savait pas dessiner

Une histoire sans suite ?

 Inauguré en présence de Michel Heinrich, du conservateur du musée départemental Thierry Dechezlepretre et d'une bonne partie du Conseil Municipal l'œuvre ouvre la porte à l'imaginaire de chacun, au risque qu'on lui trouve une dimension inachevée.  « J'adore les actes manqués » témoigne l'artiste qui pratique aimablement l'autodérision « ma vie est un acte manqué par certains aspects. Je dis et je répète à qui veux l'entendre que je ne sais pas dessiner et pourtant je peins! »

Prochains rendez-vous de l'association Le Mur: vendredi 27 avril vernissage de la session 10 du Strasbourgeois Greg 84 et enfin, l'affichiste renommé Jacques Villeglé, vendredi 22 juin, qui sera reçu dans le cadre du Festival des Images.

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